L’instabilité financière internationale est au cœur des interrogations que suscite la globalisation. La globalisation financière est à l’origine de plusieurs  crises  successives.  Nous assistons  au  déclenchement chronique de plusieurs crises financières internationales. La finance entretien  avec l’économie réelle un rapport moins distant qu’on le pense parfois. Or le marché financier a comme  rôle principal entre  autres  de  financer  le  développement  de  l’économie (entreprises, état  et  collectivités), de  sécuriser  les  transactions  et  la mobilité de l’épargne investie en valeurs mobilières. Dans un monde où l’épargne est abondante, son rôle est  même crucial : l’usage  fait de  cette  épargne  (la  croissance  de  demain)  comme  le  niveau  de d’activité  (la  croissance  d’aujourd hui)  en  dépendent.  Les mécanismes  par  lesquels  la  finance  globalisée  a  permis  à  l’épargne dégagée  à    un  endroit  de  la  planète  d’être  utilisée  en  un  autre expliquent,  pour  au  moins  une  part,  la  vigueur  de  la    croissance observée pendant un grande partie des années 2000.Ces mécanismes ne  résultent  pas  de  la  seule  libéralisation  des  mouvements  des capitaux  engagée  depuis  maintenant  plusieurs  décennies.  Ils  sont aussi  le  produit  d’une  vague  d’innovations,  permises  par    la déréglementation des  métiers de  la finance, qui transformé  partout la  manière  dont  les  capitaux  circulent  et  sont  portés.  Ces  capitaux circulant ont accéléré la globalisation financière. Dans ces conditions faut-il poursuivre la libéralisation des marchés fin financiers  ou bien doit on introduire de  nouveaux  contrôles, on pense à la taxe  Tobin ou  des  réglementations  assurant  une  meilleure  gouvernance financière internationale ?

Toutes ces questions relèvent du fonctionnement et de la dynamique des marchés financiers internationaux : les euromarchés, les marchés  de capitaux, marchés de change.

Dans un  premier  temps  dans  ce déroulé  nous  parlerons  des  différents marchés  financiers  cités  ci-dessus.  Dans  un  deuxième  temps  nous parlerons des 3D, des avantages et inconvénients de la globalisation financière.    Dans  la  dernière  partie  nous  interrogerons  sur  les possibles bienfaits de la taxe Tobin. La globalisation financière est-ce un avantage ou une menace ?

La globalisation financière est la mise en place d’un marché unifié de l’argent,  marché  financier  au  niveau  de  la  planète  et  une augmentation  des  mouvements  des  capitaux.  Or  ces  capitaux,  ces capitaux  à  long  terme  obéissent  à  des  demandes  ou  à  des  offres rencontrées sur un marché : c’est le marché financier. À quoi servent les marchés financiers ? Même s’ils présentent des particularités notables, liées notamment à la  multiplicité  des  monnaies  utilisées,  les  marchés  financiers internationaux  assurent  l’extension  à  l’échelle  internationale  des fonctions assumées par les marchés financiers sur  plan domestique. Si  les  agents  économiques(ménages,  entreprises,  Etats)  assuraient   en  totalité  le  financement  de  leurs  activités  courantes  ou d’investissement  à  partir  de  leurs  ressources  propres,  systèmes financiers n’auraient aucune raison d’être. Dès lors que tel n’est pas le  cas  et  que  coexistent,  au  plan  macroéconomique,  des  agents  à capacité  de  financement  dont  les  ressources  courantes  dépassent leurs  plans  de  dépenses,  à  un  horizon  donné,  et  que  des  agents  à besoin  de  financement  se  trouvent  dans  la  situation  inverse,  alors s’exprime la nécessité d’ajuster et de coordonner ces deux types de situations. La justification première des marchés, et plus encore des intermédiaires  qui  en  assurent  le  fonctionnement,  est  donc  de remplir cette fonction. 

Il  ne  s’agit  pas  seulement  d’organiser  le  transfert  des  fonds prêtables,  mais  aussi  de  rendre  compatibles  les  motivations  qui s’expriment  aux  deux  pôles  du  circuit  financier.  Car  les  deux exigences  de  ces  deux  catégories  d’agents  économiques  ont  toute chance  de  s’avérer,  avant  action,  peu  conciliables.  Du coté des prêteurs éventuels, se combinent le souci d’obtenir le rendement le plus élevé,  l’objectif est  de minimiser les risques,  de  conserver  une réelle liquidité  en  privilégiant,  par exemple,  des  placements  à court terme. A l’inverse, du côté  des emprunteurs potentiels, prédominent l’objectif  de  minimiser  les  charges  de  remboursement  et  de s’endetter  à  moyen  et  long  terme,  le  souci  d’accéder  à  des financements  des  investissements,  alors  que  les  épargnants éprouvent  une  certaine  aversion  pour  le  risque .D’où  la  nécessité d’un  ensemble  d’institutions  et  de  mécanisme  de  marché  aptes  à assurer la conciliation de ces antagonistes qui touchent les prix et les rendements  des  actifs  ,les  échéances,  la  liquidité  des  engagements les  prises  de  risque……En  parlant  des  marchés  aptes,  parlons  des Euromarchés.

Dès la fin XIX e siècle et au début du XXe ,la place de Londres, la City, était au cœur  de  très  importants  mouvements  internationaux  de capitaux,  en  or  et  surtout  en  livres  sterling,  avec  l’Europe continentale  ou  le  reste  du  monde.  Mais au sens propre,  il  ne s’agissait pas d’opérations s’effectuant sur des  marchés  financiers internationaux  mais  plutôt  sur  des  marchés  domestiques  ouverts  à des opérateurs étrangers. En revanche, à compter des années 1960, apparaît des marchés de  capitaux  spécifiquement  internationaux mieux connus      C’est notamment à la suite de l’adoption par les Etats-Unis, entre 1963  et  1965,  d’une  série  de  mesures  de  mesures  réglementaires destinées à limiter la rémunération des dépôts à terme en dollars et, surtout, à freiner les sorties des capitaux hors du territoire américain, que  se  développent  en  Europe  de  nouveaux  marchés  financiers, les euromarchés.  Des opérations de prêts-emprunts en  dollars peuvent dès  lors  être  assurées  par  des  banques  installées  à  l’extérieur  des Etats-Unis.  La spécificité des  euromarchés  repose  donc  sur  la dissociation entre la monnaie utilisée et la localisation de l’institution bancaire  qui  assure  le  prêt  ou  reçoit  le  dépôt.  Ainsi,  un  eurodollar n’est-il rien d’autre qu’un dollar déposé hors des Etats-Unis.

Ces marchés  initialement  limités  à  l’Europe,  d’où  l’expression d’euromarchés, ont ensuite émergé dans le monde entier, en Asie ou au  Proche-Orient  notamment,  mais  ils  fonctionnent  directement  à l’échelle  mondiale  par  l’intermédiaire  d’un  réseau  de communications  électroniques  entre  les  banques  spécialisées  dans cette activité, qualifiées d’eurobanques, permettant la confrontation instantanée de l’ensemble des opérateurs de la planète. Par ailleurs, les  opérateurs  sur  les  marchés  internationaux  de  capitaux  innovent et atténue la portée des clivages traditionnels entre la finance directe et finance indirecte. Dans  la  finance  directe  par  le  marché,  l’agent  à  excédent  transfère son épargne à l’agent en déficit de ressources en lui achetant un titre de  créance  sur  lui-même.  Ainsi,  l’agent  en  besoin  de  financement obtient-il des fonds en cédant un titre qu’il émet lui-même. Dans la  finance  indirecte,  le  rôle  des  institutions  financières  est essentiel  pour  organiser  l’équilibre  du  financement.  L’intermédiaire financier va la plupart du  temps  plus  loin qu’un  simple  courtier  qui met en contact prêteur et emprunteur, il endosse souvent les risques que  certains  de  ses  clients  ne  veulent  pas  courir  en  s’appuyant notamment sur la loi des grands nombres qui tend à réduire le risque pris par l’intermédiaire. De même n’oublions pas que les opérateurs sur les  marchés  de  capitaux  sont  principalement  composés  de  trois catégories d’acteurs : les banques, les entreprises et administrations, et,  enfin  les  investisseurs  institutionnels(les  Zinzins).Ces  derniers drainent une part importante de l’épargne des ménages qui sont peu présents  directement  sur  les  marchés.  Les investisseurs institutionnels sont  les  plus  importants  par  la  masse  des  capitaux qu’ils manipulent. On distingue les fonds de pension particulièrement puissants aux  Etats-Unis  et  en  Grande  Bretagne,  ils  gèrent  les retraites  par  capitalisation. Viennent  ensuite  les  organismes  de placement  collectif  en  valeurs  mobilières(OPVCM)  ou  Mutual  Funds qui font bénéficier les ménages d’une gestion professionnelle de leur épargne  financière.  Les  compagnies  d’assurance  placent  également une  partie  importante  de  leurs  réserves  sur  les  marchés,  enfin,  les fonds  spéculatifs  (hedge  funds)qui  prennent  des  risques  en particulier sur les marchés à terme t de produits dérivés. Mais qu’en est-il de marché international de changes ?

C’est sur  le  marché  des  changes  que  les  devises  nationales  font l’objet  d’achats  et  de  ventes  permettant  ainsi  d’assurer  les règlements  liés  au  commerce  international  mais  aussi  la  conversion des capitaux quand des transferts d’épargne s’opèrent entre agents économiques  appartenant  à  des  espaces  monétaires  distincts.

Fonctionnant en temps continu et à l’échelle planétaire,  ce  marché de gré  à  gré  est  dénué  de  localisation  géographique  propre  et s’apparente  à  un  réseau  .Il  assure  en  effet  la  connexion  de  tout ensemble  d’opérateurs  qui  confrontent  à  distance  leurs  intentions d’achats  et  de  ventes  de  devises  avant  s’entendre  sur  des transactions qui se dénoueront au moyen  de jeux d’écritures sur des comptes bancaires. Ce marché constitue très certainement le marché financier le plus important au monde si l’on se réfère aux volumes de transactions.  Selon la  dernière  enquête  réalisée  par  la  BRI(2002), l’équivalent de 1200 milliards de dollars de devises étaient échangés sur le marché des changes, tous les jours, en 2001. Tous ces marchés ont conduit à une mutation financière caractérisée par  deux  phénomènes :  privé  et  public  étroitement  liés.  Le  premier consiste  en  la  création  de  nombreuses  innovations  financières  par des  institutions  financières  privées.  Quant au  second,  il  a  dominé dans les pays soucieux de rattraper le retard de leur place financière par rapport aux pays en avance. D’importantes réformes financières ont  alors  été  créées  par  les  pouvoirs  publics  visant  notamment  à décloisonner les marchés nationaux des  capitaux, à  les étendre et à en  faciliter  l’accès  ainsi  qu’à  libéraliser  l’activité  des  banques  et  à favoriser  l’émergence  de  nouveaux  intermédiaires  financier  (SICAV, Assurance  vie…)La  standardisation(mêmes  produits,  mêmes segments  de  marchés,  mêmes  procédés  et  même  intervenants)et l’interconnexion de ces marchés ont permis de créer un vaste marché mondial  de  biens  mais  aussi  de  capitaux :on  parle  ainsi  de globalisation financière.

Pour  rattraper  le  retard  par  rapport  aux  anglo-saxons,  les gouvernements de l’Europe ont entrepris des initiatives se résumant par  la  théorie  des  « 3D »  (Henri  Bourguinat).Parlant  des  3D  nous avons :  le  décloisonnement,  déréglementation  et  la désintermédiation.      Le  décloisonnement  en  France  s’est  manifesté  d’abord  par l’ouverture du marché monétaire à l’ensemble des agents, complété par l’introduction en 1985 des TCN (Titres de Créances Négociables), BTAN et BTF (Bonds du Trésors Négociable) rapprochant les marchés interbancaire et obligataire. Les  lois  de  1995  et  1998  standardisent  ces  titres  et  bons  pour  les étendre  sur  un  marché  européen.  Entre  1985  et  1987,  l’Etat  s’est retiré  de l’encadrement  de crédit  et  instauré  un cadre  égalitaire  de collecte  de  ressources  et  de  distribution  de  financement.  La  loi  du marché est donc « réhabilitée »en France et en Europe. Le  décloisonnement  du  système  financier a  permis  la  création  d’un grand marché unifié de capitaux. Deux phénomènes sont à observer. Il ya  tout d’abord la suppression progressive des frontières existant au sein du système financier. Par ailleurs l’interconnexion des places financières  grâce  à  l’informatique,  les  télécommunications  et  les transferts électroniques de fonds ont conduit à réduire le nombre de marchés spécifiques permettant ainsi une régulation monétaire plus efficace et  plus conforme aux règles de la concurrence. On est ainsi passé  d’une  économie  d’endettement  à  une  économie  de  marché. Par  ailleurs,  les  libres    mouvements  des  capitaux  facilitent  l’entrée des  entreprises,  et  donc augmentent  la  concurrence,  ce  qui  ensuite fait  apparaitre  des  nouveaux  acteurs(bancassurance).L’objectif  final du  décloisonnement  est  l’instauration  d’une  économie  de  fonds propres c’est-à-dire d’une économie  où  les  entreprises  ne  sont  plus dépendantes de leur endettement bancaire soutenu éventuellement par les  bonifications d’intérêt  accordées  par l’Etat mais  investissent avec l’apport en capital des épargnants actionnaires.

     Dans un même temps, un processus de déréglementation s’est mis en  place,  consistant  essentiellement  en  l’abolition  des  limites  à  la circulation des  capitaux  (levée  du  contrôle  change  en  particulier)  et en  assouplissement  de  la  réglementation  des  activités  financières, notamment de marché. La déréglementation concerne deux aspects : -Déréglementation  des  volumes  (suppression  contrôle  des changes….) -Déréglementation des prix (libéralisation des tarifs bancaires….) Le premier aspect concerne les volumes. Le choc pétrolier a généré d’énormes possibilités d’épargne pour les pays producteurs. Il fallait créer  de  nouveaux  marchés  décloisonnés.  Par  exemple,  le  « le  big bang » du 27 octobre 1986 effectué par Margaret Thatcher  a modifié le réglementation, notamment en supprimant certaines commissions fixes  sur  les  transactions,  en  autorisant  les  groupes  étrangers  à acheter les actions des firmes étrangères à hauteur de 100%

La connexion des  marchés est imposée par ces pressions formidables pour rendre aussi fluide que possible la circulation de l’argent. En quelques     secondes      ,  en quelques minutes, les capitaux se déplacent d’une entreprise à une autre, d’une place à une autre. C’est la globalisation financière. Cette globalisation financière n’est pas créée par la technique-qui n’est qu’un instrument-mais elle est formidablement facilitée par elle : introduction de l’ordinateur, dématérialisation des titres, machines de transfert automatique, réseaux de transmission de données, diffusion de la carte de crédit….  Le second aspect concerne les prix élimination de la séparation entre banque d’affaire a considérablement  accru  entre  les  banques  en France  et  en  Europe  mais  aussi  l’émergence  de  nouveaux  acteurs comme les sociétés d’assurance. En effet, en France, il existait plus de 200 prêts bonifiés avec des taux fixés par le Trésor et le  crédit était encadré de sorte qu’une grande quantité de monnaie en circulation conduisait  la  Banque  de  France  à  demander  aux  banques commerciales  de  réduire  leurs  prêts. Après le décloisonnement,  la déréglementation nous avons la désintermédiation. La désintermédiation  est  une  conséquence  du  décloisonnement : les entreprises émettent des titres sur le marché au lieu d’emprunter auprès des banques. Cependant, ces dernières restent les principales acheteurs et vendeurs de titres (leurs commissions croissent de 14% à 34% entre 1984 et 2004).La déréglementation est caractérisée par un dérèglement des  volumes  (fin  des  contrôles  de  change,  fin  des encadrements  du  crédit…) et  un  dérèglement  des  prix(libéralisation des  tarifs  et  des  taux) .Le  big  bang  de  la  city(fin  1970)a  fluidifié  et dynamisé le marché anglais. La loi sur la déréglé mention(1986) met fin au monopole des agents de changes et créée les MATIF (marchés des futures) et MONEP(marché des options)attirant les investisseurs étrangers. La modernisation de la gestion financière des entreprises fut axée sur une  plus  grande  facilité pour  les  particuliers  d’acheter  des  titres  et pour  les  entreprises  d’émettre  à  moindre  cout.  On  parle  alors  de désintermédiation  car  les  agents  agissent  directement.  La désintermédiation est plutôt la conséquence des autres éléments :la part de crédit dans le financement des entreprises a fortement baissé pour  se  stabiliser  actuellement  environ  50%  de  l’ensemble  de financement.  Entre  1980  et  1999,  en  France,  l’accroissement  des fonds  propres    des  entreprises  a  été  multiplié  par  deux.  Cette situation  entraine  une  mutation  des  rôles  des  banques,  qui  ne peuvent  plus  se  limiter  au  rôle  traditionnel  de  créancier : développement des services aux entreprises, bancassurances, prêts à la consommation……Si la  libéralisation  des  mouvements  de  capitaux  a  été  largement voulue  par  les  acteurs  privés  et  publics,  c’est  bien  qu’ils  en attendaient des avantages appréciables.Tout  d’abord,  la  globalisation  financière  améliore,  au  niveau national,  l’allocation  des  ressources  financières  puisqu’elle  agrandit l’espace des choix des épargnants et des  investisseurs.  Les  capitaux vont se placer là où les pays en ont le plus besoin, ce qui permet leur développement et gratuit une meilleur rentabilité des placements.      Ensuite, la globalisation financière  permet  une diversification  des placements  pour  les  épargnants,  par  le  libre  accès  aux  marchés qu’elle  procure,  ce  qui  limite  les  risques  au  sein  des  portefeuilles internationaux.

Enfin,  les  investisseurs  internationaux  étant  de  plus  en  plus présents  sur  le  marché  de  la  dette  publique,  la  globalisation financière permet donc aux états qui ont des déficits de se financer sans assécher le marché national des capitaux. Plus  généralement,  la  globalisation  financière  permet  aux  agents  et aux pays qui  disposent d’un surplus d’épargne  de  la  transférer vers ceux  qui  ont  un  déficit  d’épargne.  Ces  points  évoqués  conduisent aussi à des inconvénients.     Ces  inconvénients  entrainent  la  progression  de l’institutionnalisation  de  l’épargne  internationale  pousse  les  gros gestionnaires  à  une  recomposition  continue  des  portefeuilles  des titres.  L’obligation de  résultats  de  la  plupart  des  gestionnaires  pour leurs mandants (procès du fonds de pension Unilever contre Mercury  Asset  Management  en  1999)  entraine  un  courtermisme  croissant (maximiser  la  valeur  immédiate  du  portefeuille  au  détriment  de stratégie de placement à long terme).Ensuite, on assiste bien à une multiplication et une accélération du rythme  des  crises  avec  une  augmentation  de  leur  vitesse  de transmission. Les secousses de 1997-1998 ont montré clairement les difficultés  des  autorités  de  régulation  face  à  des  enchainements vicieux largement incontrôlables. De la crise des monnaies asiatiques qui a commencé en Thaïlande qui a pesé sur les matières premières, on est passé à la crise Russe fragilisant l’Amérique latine accentuant la volatilité des marchés de change et de taux entrainant La quasi  faillite  du  fonds  spéculatif  américain ;  Long  Term  Capital Management(LTCM)  menaçant  ainsi  l’ensemble  des  banques,  il  a fallu l’intervention de la Banque Centrale des Etats-Unis. Par  ailleurs  ce  sont  les  marchés  qui  décident  si  les    politiques économiques  nationales  sont  bonnes,  les  pays  ne  pouvant  plus grand-chose  pour  se  protéger  des  attaques  spéculatives  parfois déclenchée par les gourous de la finance (Georges Soros).De même , le risque de fuite des capitaux tend à lisser la fiscalité des capitaux creusant ainsi les inégalités avec les revenus du  travail. La  plus  grande  flexibilité  de  financement  est  acquise  au  prix  d’une perte certaine de la maitrise des politiques économiques.      Enfin, les petites et moyennes entreprises sont la plupart du temps exclues  des  avantages  techniques  .L’essentiel des  flux  se  concentre sur les pays industrialisés y compris les pays émergents et servent en particulier  du déficit courant américain des Etats-Unis. 

Une contribution minime aurait des avantages fiscaux     importants pour  les  Etats  tant  les  volumes  de  mouvement  des  capitaux  sont importants.  La  commission  européenne  estime  en  effet  que  la taxation des transactions d’actions et d’obligations à 0,01% pourrait rapporter dans les 50 milliards d’euros. Qui devra prendre de telles décisions ? Concernant la globalisation financière, une question peut rapidement devenir  un  casse  tête  politique :qui  doit  s’occuper  de  telles reformes ?(si reformes il doit y avoir). Aujourd’hui,  le  G20  vient  naturellement  à  l’esprit.  Mais  est-il seulement capable d’une telle tache ? Peut-on réellement prendre des décisions efficaces lorsque 20 chefs d’états,  tous  occupés  par  leurs  problèmes  politiques  internes,  se réunissent une fois tous les 6 mois, voire tous les ans ? Mais le problème est que l’on voit mal une institution comme le FMI, par exemple, prendre alors les rênes de la reforme des flux financiers internationaux,  ses  principaux  membres  ne  pouvant  même  pas  se mettre  d’accord  de  la  reforme  interne  concernant  l’évolution  des droits de vote au sein de l’institution. Conclusion ,par exemple 2008, d’un bout à l’autre de la planète, la croissance est tombée en  panne  et,  dans  les  régions  les  plus  développées,  l’activité  s’est contractée violemment. Ces circonstances dramatiques ont forcé les gouvernements à  prendre  conscience  de  la  solidarité    que  la globalisation financière a établie entre leurs économies.

L’avenir de la globalisation financière  est  désormais  l’affaire  des  états.  Espérer transformer la finance et les financiers pour les mettre au service de la  croissance  et  de  la  stabilité  financière  est  vain.  Comme  est  vaine l’idée  de  transformer  le  capitalisme  pour  le  mettre  au  service  du progrès  social.La déréglementation  engagée  pendant  les  années 1970,  puis  la  libéralisation  des  mouvements  internationaux  des capitaux  ont  ouvert  le  champ  à  des  innovations  financières  qui  ont profondément transformé la manière dont les capitaux et les risques circulent. Ces  innovations  donnent  à  certains  pays  des  marges  de croissance nouvelle, à condition toutefois que l’intervention publique  soit  attentive  à  limiter  les  dérives  de  la  finance  et  à  canaliser    ses développements.  Les  crises  qui  se  sont  succédé   pris  montrent  les retards pris dans cet effort de surveillance et d’encadrement comme l’insuffisance  des  coopérations  engagées  par  les  Etats. Ces  Etats voudront-ils  désormais  assumer  les  responsabilités  qui  en découlent ? Sauront-ils s’organiser le faire ?Faut-il redéfinir le rôle de l’état dans le fonctionnement de la finance ? La globalisation financière est menace car elle produit plusieurs crises qui coutent chers aux Etats, aux ménages.

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