Le SMFA (Système Monétaire Franco-Africain) est avant tout un système de change ; un système de change constitué par quatorze pays africains qui possèdent la même monnaie : le franc CFA (Communauté Financière Africaine). Ce franc CFA est, selon les experts économiques, égal depuis plus de soixante – dix ans à deux centimes français.

Ce phénomène est soudé par le compte d’opérations. Ce phénomène reste unique dans le monde. Un système à l’image du taux prohibitif de 20 francs pour 1 reichsmark imposé par l’occupant allemand.
Par contre, la zone sterling africaine qui fut composée de quinze pays africains actuellement possédant leur propre monnaie n’existe plus. Cette histoire nous renvoie à la création du FCFA en décembre 1945. La dévaluation du franc français était effectuée de 60% parce que la convertibilité en or pour toutes les monnaies est suspendue sauf pour le dollar, la seule monnaie de référence pour le FMI. Au FMI, la France ratifie les accords des institutions financières de Bretton Woods et fait sa première déclaration sur la parité. Cette parité qui empêche de faire une dévaluation monétaire, compétitive comme la Chine. Ce FCFA d’inspiration nazie est un avantage pour la France, parce qu’il repose sur quatre principes.

D’abord, il y a la centralisation de réserves de changes au Trésor français. Le Trésor français, ampute, retient 50% des recettes d’exportations des pays de la zone CFA (« pacte » ratifié par les pays de la zone FCFA). Rappelons que le taux d’imposition était d’environ 100% avant 1973 et de d’environ 65% jusqu’en 2008. A vos calculettes d’extrapolations !

Les 50% sont versés dans une espèce de compte courant mystérieux appelé compte d’opérations. Par exemple, si le Congo-Brazzaville vend du pétrole (payable uniquement en dollars) à 800.000.000, l’argent est versé au Trésor public français pour la convertibilité en FCFA. Au final, 400.000.000 seront versés au Congo-Brazzaville et la moitié est automatiquement placée dans le fameux compte d’opérations. Ces fonds assureraient la garantie monétaire du FCFA ; un découvert illimité et une parité fixe. Le fameux principe de fixité paritaire FCFA/euro. Ensuite, le FCFA assure la libre circulation des capitaux entre la France et les pays de la zone franc. Une très bonne chose pour les entreprises françaises qui rapatrient ces fonds. Enfin, il y a la libre convertibilité illimitée du FCFA en euro est en place. Ce qui a été évoqué précédemment se traduit concrètement par des conséquences toujours positives pour la France.

L’approvisionnement de la France en matière première se retrouve ainsi quasi-gratuit auprès des pays de la zone FCFA. En effet, les réserves de change du pays vendeur peuvent être utilisées pour une compensation d’un achat quelconque la France. Par exemple, 100.000.000 $ d’achat de matières premières crédités par un simple jeu d’écriture. Aussi, les coûts qui concernent le FCFA frappé à Clermont Ferrand à la Chamalières peuvent être pris en compte dans des opérations d’achat à titre compensatoire. C’est ce qui s’appelle être payé avec une « carte de visite».

Par contre, la France payerait le Nigéria en totalité en cas d’achat de matières premières ou autres achats. Car le Nigéria à sa propre monnaie (le Naira). Elle n’est pas arrimée à l’euro. Donc, pas de 50% d’imposition ! En outre, les avantages tirés par l’arrimage du FCFA permettent à la France de combler son déficit budgétaire ; c’est-à-dire de payer sa dette. Parallèlement, dans les pays de la zone FCFA, un cloisonnement, entre les pays possédant la même monnaie est présent. A l’heure où le cloisonnement ne fait plus partie du langage financier suite au décloisonnement « 3D », la monnaie n’est pas interchangeable entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’ouest. La BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et le BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) sont totalement impuissantes en ce qui concerne le sujet. Autrement dit, le FCFA favorise la libre circulation verticale (entre FCFA et l’euro) mais pas horizontale (dans les zones de FCFA).

De plus, l’arrimage du FCFA à l’euro freine le développement de ces espaces CFA en obligeant les états africains concernés à calquer leur politique monétaire sur celle de la zone euro en dépit des impératifs économiques souvent divergents. Une économie faible (non industrialisée, non exportatrice ….) ne peut supporter une monnaie forte. Comment est-il possible d’être compétitif sur le marché en vendant avec un euro fort par exemple ? Or, il est nécessaire pour une économie jeune, en l’occurrence en parlant des pays de la zone CFA de se maintenir à parité égale que les monnaies des autres pays du monde. Ils doivent acheter ou vendre leur monnaie. Pour l’apprécier ou la déprécier en fonction du marché ou de la stratégie économique. D’où le débat autour de la création d’une monnaie africaine ou sous régionale. Mais prétendre à une monnaie régionale ou africaine, il faudra entre autres, reprendre le contrôle des matières premières, effectuer une bonne insertion de la zone CFA sur le marché mondial et commencer à frapper sa propre monnaie. Or ce n’est pas le cas aujourd’hui pour les pays de la zone CFA. C’est la France qui s’en occupe.
Imprimer du papier (monnaie) ne sert à rien, si la monnaie n’est pas garantie. Une garantie de convertibilité en or, par exemple, afin que la monnaie ne s’effondre pas. C’est un papier comme un autre en réalité !

Pour illustration, le dollar s’est servi de cette garantie à l’époque. Toujours dans la même perspective, la Russie en 2015 a acquis 110 tonnes d’or (malgré les sanctions économiques) et bien plus pour la Chine (malgré que la bourse chinoise soit en crise) pour garantir le Yen et Rouble. Le but est d’en faire une monnaie de change mondial. Donc, pour une monnaie régionale ou africaine, il faut une garantie de réserves d’or ou autres.
Bref, au-delà de tout cela, il y a avant tout la volonté positive du politique africain. L’Afrique doit sortir de son image imposée d’éternel consommateur et exportateur de matières premières.

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